La seconde guerre mondiale - l'occupation allemande et la destruction du village
Si Saulcy est un village très ancien dont on retrouve les traces dès 660 (appelé SALZEIS ou Cité des Saules), son histoire est malheureusement liée aux guerres toutes proches.Par deux fois en un siècle, la commune fut touchée très lourdement. Tout d'abord, durant la guerre 14-18 (et plus particulièrement par les bombardements allemands de 1915) et surtout en Novembre 1944.
En 1941, les allemands s'étant installés dans la commune, l'occupation était une réalité de tous les jours. Trois généraux avaient expulsé les prêtres et les Sœurs chanoinesses du château du séminaire pour y installer leur Kommandantur et leurs subordonnés avaient élus domicile chez l'habitant.
A partir de Septembre 1944, alors que les troupes américaines approchent, la répression s'intensifie : les allemands incendient deux maisons, tuent un cultivateur, réquisitionnent massivement tout ce qui peut être utile (vêtements, nourriture, outils) et surtout la main d'œuvre des hommes valides pour créer une grande tranchée de protection.
Le 07 Novembre, René VAUCOURT, le Maire, est chargé de diriger tous les hommes de 16 à 50 ans sur Saint-Dié. Devant son refus d'obtempérer, c'est la Gestapo qui viendra chercher une soixantaine d'hommes le 08 Novembre 1944 pour les déporter vers Mannheim, où ils serviront de main d'œuvre "gratuite" aux entreprises allemandes.
Le 11 Novembre, les allemands font évacuer la rive droite de la Meurthe et replient tous les habitants vers les Cours. Pendant les jours suivants, les incendies succèdent aux pillages. Les maisons individuelles mais aussi la mairie, les deux écoles, l'église, le presbytère, le château, le séminaire, les tanneries, les tissages, les scieries et les manufactures sont systématiquement détruits.
Le 16 Novembre, les allemands reproduisent le même schéma au secteur des Cours et de l'Anozel. Toute la population, y compris ceux qui ont déjà vu disparaître leur foyer quelques jours plus tôt, doivent évacuer en quelques heures. Les allemands n'attendent même pas leur repli pour incendier toutes les maisons. Des centaines d'habitants se réfugient au Moulin Rhor, épargné, et dans quelques maisons encore debout. Beaucoup dorment et se cachent sous la neige, fuient vers le col du Bonhomme, en traînant derrière eux quelques effets dans des charrettes. Le village n'est plus qu'un immense brasier.
L'hiver 1944-45 sera particulièrement rigoureux, et les salixiens, livrés à eux-mêmes, se réfugieront dans les caves et les ruines de leurs maisons. Des baraques provisoires seront ensuite construites, mais cela attendra encore de longs mois. Certaines y resteront jusqu'en 1970 !